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Pic sans nom, goulotte "La raie des fesses"

Mardi 13 octobre 2020

Pic sans nom, goulotte La raie des fesses

Avec l'arrivée de la neige fin septembre et les températures basses depuis quelques semaines, les conditions semblent propices pour que les goulottes soient en condition. Flo me propose d'aller faire un tour au glacier Noir pour faire la Fourastier à Ailefroide. Une photo de la face prise quelques jours auparavant nous fait changer de plan. La face semble sèche et on décide d'aller voir la goulotte "Raie des fesses" au Pic sans nom.

Pic sans nom, goulotte La raie des fesses

Départ à 5 heures du Pré de Madame Carle mardi matin pour remonter une énième fois cette moraine du glacier Noir. Il fait froid et on ne va sûrement pas voir un rayon de soleil de la journée. On trouve la neige au sommet de la moraine et heureusement il y a une bonne trace ce qui nous évite de brasser dans la neige fraîche. On arrive sur le glacier et on aperçoit deux frontales devant nous. Visiblement on n'est pas les seuls à avoir eu cette idée ! On s'équipe au pied de la goulotte pendant que l'autre cordée se dirige vers la première longueur. Le jour se lève, il ne fait vraiment pas chaud ! On remonte la pente de neige, franchit la rimaye et nous voilà au pied des difficultés.

Les deux premières longueurs constituent un des passages clé de la goulotte car elles sont rarement en condition. Une variante plus à droite permet de les éviter par le rocher. Par chance, les conditions dans la première longueur semblent bonnes. Flo attaque, ce n'est pas de la glace mais de la neige dure qui permet une progression relativement facile mais les protections incertaines. Il trouve de quoi faire un relais dans la glace et je le rejoins. La deuxième longueur s'annonce plus complexe, il y a un ressaut vertical où le plaquage de glace semble fin... La première partie déroule bien mais lorsque Flo plante son piolet dans le plaquage ça sonne bien creux. Il va falloir être doux sur les appuis. Il s'en sort plutôt bien et rejoint le relais suivant. Même en second le ressaut n'est pas facile, il y a un passage presque déversant, ça réveille ! On a dépassé l'autre cordée et on remonte le couloir de neige jusqu'au ressaut suivant.

Pic sans nom, goulotte La raie des fesses

La suite s'annonce complexe, il n'y a quasiment pas de glace ce qui rend la pose de protection difficile, de plus, le rocher est très compact. Le premier ressaut passe bien malgré tout, le deuxième est plus compliqué. Après un beau combat avec des passages dans une neige sans cohésion, Flo arrive au relais. Je le rejoins. La longueur suivante étant aussi neige inconsistante, on décide de faire demi-tour. Il nous manque seulement deux longueurs pour finir la goulotte mais on commence à être fatigués tous les deux. On est obligé de renforcer plusieurs relais de rappel qui n'inspirent pas confiance. En descendant on s'aperçoit que l'autre cordée a fait demi-tour au pied du premier ressaut et ils sont déjà sur le glacier. Cela nous arrange car ils ont aussi refait les relais. Après sept rappels on arrive au pied de la goulotte, on passe la rimaye et on fait une petite pause pour ranger le matos. La descente à pied jusqu'à la voiture est longue et on commence à vraiment ressentir la fatigue.

Bien content d'avoir commencé la saison de goulotte par cette belle course, plus qu'à espérer que les conditions s'améliorent !

Pic sans nom, goulotte La raie des fesses