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Ailefroide Centrale | Arête de Coste rouge

Samedi 11 juillet 2020

Ailefroide centrale, arête de Coste rouge

Vendredi soir, on fixe l'heure de rendez-vous avec Flo pour partir vers l'arête de Coste Rouge à Ailefroide le lendemain. Un violent orage laisse le doute s'installer dans nos esprits. A 22 heures il pleut encore beaucoup mais il est temps de dormir, on avisera dans quelques heures.

Ailefroide centrale, arête de Coste rouge

Départ de nuit à 2 heures pour remonter la moraine du glacier noir en direction du col de Coste rouge. La montée se fait bien, il fait encore nuit noire en arrivant au pied du col à 4h 30. On s'équipe et on s'encorde pour passer le premier ressaut. Le rocher est très délité et on est obligé de grimper sous une cascade, très désagréable avec cette température. Ce premier ressaut nous met tout de suite dans l'ambiance, on remonte le névé pour accéder au col. On est trempé, il y a un vent fort et les gros nuages noirs sur la Meije ne laisse rien présager de bon... On attend un peu que le jour se lève pour prendre une décision. Le sommet est dans les nuages, le vent toujours aussi fort (au moins on a séché vite) mais on décide de tenter le coup.

On attaque l'arête en corde tendue, toute la première partie déroule bien sur les dents de Coste rouge, même si le rocher demande de l'attention, on s'attendait à pire. Une belle partie de grimpe dans un dièdre sur la Tour du géant avec quelques passages en neige permet d'apprécier la vue sur le glacier suspendu d'Ailefroide. On repasse sur le fil dans du rocher douteux, là aussi ça déroule bien, on ne voit toujours pas le sommet qui est pris dans les nuages. Pour l'instant la météo semble être avec nous, espérons que ça dur encore un peu !

Ailefroide centrale, arête de Coste rouge

Les cent derniers mètres s'avèrent plus compliqués que prévu, le niveau d'escalade n'est pas censé dépasser le IV+ mais les orages de la nuit et les températures négatives ont recouvert le rocher d'une fine couche de glace. Dès les premiers mètres le froid se fait sentir dans les mains et rapidement on ne sent plus nos extrémités. Compliqué aussi pour poser les coinceurs qui glissent... Avec une bonne dose d'acharnement on arrive à s'en sortir et on rejoint le sommet dans des bons rochers brisés. Il est 11 heures 30, on est plutôt en avance, surement dû au fait qu'on a tout fait en corde tendue. La visibilité est toujours aussi mauvaise, il ne va pas falloir rater le gros bloc en contrebas de l'arête qui marque le début des rappels !

Ailefroide centrale, arête de Coste rouge

On attaque la descente sur le fil de l'arête, une première brèche nous induit en erreur, on continue encore de quelques mètres et on aperçoit le gros bloc avec les cordelettes pour le rappel. Après sept rappels entre neige trempée et cascade qui ressemblaient plus à du canyoning, nous voilà sur le glacier de l’Ailefroide. On reste vigilent pour traverser le glacier qui commence à s'ouvrir et on rejoint la voie normale de l'Ailefroide Orientale.

Heureusement il reste encore beaucoup de neige ce qui facilite la descente. Une petite erreur d'itinéraire pour récupérer la vire qui traverse nous fera perdre un peu de temps. Quelques passages délicats nous poussent à rester concentrés jusqu'au bout. Fin de la partie neigeuse, retour sur le sentier direction le refuge du Sélé. Petite pause sous le refuge pour un dernier ravitaillement. S'en suit une interminable descente pour arriver à 16 heures à Ailefroide. Faire les courses à la journée permet de partir léger et assure une progression rapide mais la fatigue accumulée sur des courses si longues est importante. Un jour de repos au programme avant de rattaquer avec l'arête Nord-Est des trois dents du Pelvoux en ligne de mire.

Ailefroide centrale, arête de Coste rouge